L’IA en santé au-delà du mythe
En 2024, l’intelligence artificielle était au sommet de la vague d’attentes. Nous avons choisi de regarder derrière : ce qui marche déjà à l’hôpital, ce qui coince, et ce que l’AI Act européen change pour les établissements. Le CIO de la Mayo Clinic, un ancien ministre français de la Santé et la Commission européenne ont partagé la scène avec des cliniciens qui utilisent l’IA au quotidien.
291
participants
35
intervenants, dont la Mayo Clinic, Microsoft, l’Institut Curie et la Commission européenne
4
ateliers en parallèle et 3 tables rondes
38
vidéos à revoir en ligne, dont 10 interviews
Sortir du battage, entrer dans l’usage
Dès 2019, notre communauté parlait d’intelligence « augmentée » plutôt qu’artificielle. Cinq ans plus tard, l’IA générative avait tout emporté sur son passage et l’impact clinique mesurable restait marginal. La question n’était donc plus de savoir si l’IA allait transformer la santé, mais comment l’intégrer de façon utile, sûre et conforme.
La journée a croisé trois regards : technologique, clinique et réglementaire, l’AI Act européen venant d’entrer en vigueur. Elle a aussi été notre premier symposium dont l’empreinte carbone a été mesurée.
Ce que nous en avons retenu
Les grands centres industrialisent déjà
À la Mayo Clinic, l’IA s’appuie sur un entrepôt de données et un dossier patient longitudinal qui centralisent données cliniques et de recherche, avec des partenaires comme Google et Microsoft. Pour Cris Ross, la vraie difficulté est la gestion du changement, qu’il distingue de la gestion de projet.
Partir des besoins des cliniciens
La table ronde clinique a été unanime : les outils utiles naissent des besoins réels du terrain, pas de la technologie disponible. Consultation augmentée, gestion des plaies, urgences, planification opératoire : les cas présentés partaient tous d’un problème clinique précis.
Encadrer sans étouffer
L’AI Act fixe le cadre européen ; la Commission a présenté les dispositifs qui l’accompagnent, comme les AI Factories et les infrastructures de données de santé. Côté hôpital, le GHdC a montré comment un laboratoire d’IA interne évalue les solutions proposées par les entreprises.
Pas d’IA sans données maîtrisées
Du Service de santé des armées à l’Institut Curie, le même message : le chemin critique va de la gouvernance des données à l’IA, et non l’inverse.
L’IA change aussi le regard
François Braun a croisé les visions des responsables politiques, des citoyens et des soignants, et plaidé pour une véritable culture de l’IA en santé, un accès facilité aux données et un cadre éthique solide.
Ils sont intervenus
Une sélection des intervenants de la journée, avec leur fonction de l’époque.
Cris Ross
Chief Information Officer, Mayo Clinic
François Braun
Ancien ministre de la Santé et de la Prévention, conseiller au CHR Metz-Thionville
Saila Rinne
Chef d’unité f.f., DG Connect, Commission européenne
Arnaud Wilmet
Chief Medical Information Officer, Microsoft
Chanfi Maoulida
Chief Digital Officer, Service de santé des armées
Julien Guérin
Chief Data Officer, Institut Curie
Pr Benoît Macq
Professeur, UCLouvain
Dr Marie Detrait
Chief Medical Information Officer, Grand Hôpital de Charleroi
Pr Luc Soler
Professeur, Faculté de médecine, Université de Strasbourg
Au programme
Des plénières le matin, trois tables rondes, puis quatre ateliers en parallèle l’après-midi.
La technologie et l’IA
Retours d’expérience techniques, présidés par Jean-Paul Delmeire.
IA et clinique : des premiers retours prometteurs ?
Sarcome et modèles de langage, urgences, recherche clinique, gestion des plaies. Présidé par le Dr Kevin Boulanger.
« AI Act » : une régulation salvatrice ?
Éthique, garantie humaine de l’IA, regard d’un clinicien venu d’ailleurs et keynote de la Commission européenne. Présidé par Martine Vanschoor.
Le jumeau numérique, pour quoi faire ?
Planification préopératoire, modélisation des parcours patients à l’hôpital, panorama du jumeau numérique. Présidé par le Dr Arnaud Depil-Duval.
Chronicare
L’ASBL Chronicare dépiste la rétinopathie diabétique en province de Luxembourg grâce à l’analyse automatisée par IA de clichés du fond d’œil. Un diagnostic rapide, là où les médecins manquent.
Revoir les sessions
Les plénières, les tables rondes, les ateliers et dix interviews ont été filmés. En voici trois pour commencer.
Pour aller plus loin
Avec le soutien de nos partenaires
Zorgi, Amaron, Ascom, Microsoft, Softway Medical, Axelife, InterSystems, IPG, Asdaex, Rombio, EarlyTracks, Decisios, TEF-Health, Multitel, CETIC, HUman, Ethik-IA, Agence du Numérique, Digital Wallonia, AViQ, Le Bloc Bag et Senior Activ’. Comité scientifique présidé par le Pr Philippe Kolh (CHU de Liège), avec le GHdC, le CHIREC, l’Hôpital Foch et le Centre Hospitalier du Nord.
Le prochain rendez-vous
Namur, 24 novembre 2026 : One Digital Health. Décideurs et prescripteurs des établissements de santé y retrouvent leurs pairs ; nos partenaires y rencontrent ceux qui décident.











