Le CHU de Bordeaux connecte 18 bâtiments à un réseau 5G hybride

Le CHU de Bordeaux déploie une infrastructure 5G sur 45 hectares pour relier ambulances, blocs opératoires et équipements en temps réel. Le déploiement progressif démarre au second semestre 2026.
À Bordeaux, le CHU vient d’officialiser le lancement du projet 5MART HO5PITAL. L’objectif : équiper 18 bâtiments répartis sur 45 hectares d’un réseau 5G dit “hybride”, qui combine les performances d’un réseau public et les standards de sécurité d’un réseau privé. Le projet est mené avec Bouygues Telecom Business, chargé de la conception et de l’exploitation du réseau, et s’appuie sur les équipements du suédois Ericsson.
Cette infrastructure répond à un problème concret. Les hôpitaux accumulent des usages numériques exigeants : imagerie en temps réel, objets connectés, intelligence artificielle embarquée. Les réseaux existants peinent à suivre. Le projet a été retenu par un appel à projets européen du Mécanisme pour l’interconnexion en Europe, dédié aux expérimentations 5G à grande échelle, et bénéficie à ce titre d’un financement de l’Union européenne. Les communiqués ne précisent pas le budget global ni sa répartition entre partenaires publics et privés.
Sur le plan technique, l’architecture repose sur une 5G Standalone. Elle intègre un mécanisme de segmentation du réseau (network slicing) et des capacités de calcul en périphérie (edge computing). Concrètement, cela permet d’isoler et de prioriser certains flux critiques, comme la télémétrie d’un bloc opératoire, sans les mélanger au trafic courant de l’établissement. Plusieurs cas d’usage sont envisagés pour une phase d’expérimentation à partir de 2027 : des ambulances connectées transmettant des données en temps réel à un expert médical à distance, des lunettes connectées pour une assistance visuelle en bloc opératoire, ou encore des outils de modélisation 3D pour préparer une intervention ou former les équipes. La géolocalisation précise des équipements hospitaliers fait aussi partie des pistes retenues, de quoi faire gagner un temps précieux aux soignants qui cherchent du matériel disponible.
Ces usages restent, à ce stade, des pistes de travail. Aucun calendrier détaillé de généralisation n’a été communiqué, et les modalités d’intégration avec les systèmes d’information hospitaliers existants ne sont pas encore précisées. Les questions de sécurité des données et de conformité réglementaire, elles, devront être tranchées avant tout déploiement à grande échelle des usages cliniques les plus sensibles.
D’autres établissements européens explorent des pistes voisines, souvent centrées sur l’intelligence artificielle plutôt que sur l’infrastructure réseau elle-même. Le CHU de Montpellier a par exemple obtenu un financement pour son projet d’hôpital augmenté par l’IA. La spécificité de Bordeaux réside dans le choix de traiter d’abord la couche réseau, ce qui pourrait, si l’expérimentation tient ses promesses, ouvrir la voie à d’autres CHU tentés par une hybridation public-privé de leur connectivité. Reste à savoir si le modèle économique de ce type de partenariat est réplicable hors financement européen.
Et dans votre établissement, quels usages du quotidien gagneraient le plus à une connexion fiable et instantanée ?
Source : DSIH (https://dsih.fr/articles/6147/le-chu-de-bordeaux-lance-un-projet-5g-pour-soutenir-de-nouveaux-usages-hospitaliers)
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