Désinformation en santé, utilisation bancale des agents conversationnels : les risques encourus par M. Tout le Monde et les réponses attendues des autorités
Désinformation galopante, véritable poison diffusé par et sur les réseaux sociaux (notamment), doutes sur la véracité scientifique, amplification par certains acteurs publics (voyez ce qui se passe aux Etats-Unis notamment avec le phénomène MAHA – Make America Healthy Again…)… L’époque a de quoi faire tourner les têtes.
Quel rôle pour les acteurs de la santé, les pouvoirs publics, le simple citoyen ? Et quelle place autoriser aux agents conversationnels, en particulier, dans l’univers et le quotidien de la santé ?
Un article signé par Karen Nuvoli (maître de conférences en sciences de l’Information et de la communication à l’Université de Lorraine) et Gilbert Faure (professeur des universités émérite), publié sur Boursorama.com, fait le tour de la question.
Rappelant que “les personnes qui s’informent surtout par l’intermédiaire d’Internet et des réseaux sociaux ont un niveau de connaissances en santé plus faible, une confiance moindre envers la science, la médecine et les institutions, et une sensibilité plus forte aux croyances, aux thérapies alternatives et à l’ésotérisme.
Ce contexte constitue un véritable écosystème informationnel de défiance, au sein duquel les fausses informations circulent plus facilement et peuvent encourager des comportements à risque.”
Citant les initiatives françaises (et le but de ces initiatives) mais aussi les mises en garde de l’OMS, l’article regrette que le rapport émis par le ministère français de la santé (“Stratégie nationale de lutte contre la désinformation en santé” fasse l’impasse sur les personnes qui sont les premières concernées par l’usage des agents informationnels : le plan “prévoit des formations à l’IA générative pour les journalistes et son intégration sur Sante.fr, mais passe à côté des citoyens (pourtant les principaux concernés) et des professionnels de santé. Ce choix surprend d’autant plus que l’usage de ces outils et la confiance qu’ils suscitent semblent déjà bien ancrés”, alors même que l’“usage de ces outils par le grand public apparaît en effet souvent désordonné” et que “les risques à l’usage sont nombreux […] : erreurs d’interprétation des situations cliniques (en particulier en conditions d’urgence), biais vers des diagnostics rares, difficultés des patients à établir un dialogue performant avec les LLM (grands modèles de langage) actuels, problèmes éthiques concernant l’utilisation des données personnelles, ou encore risque de piratage des données de santé individuelles…”.
Lien vers l’article de boursorama.com
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