Ce que change vraiment la substitution infirmier-médecin à l’hôpital

Un médecin manque à l’appel, une infirmière prend le relais. La plus grande synthèse de preuves jamais menée sur le sujet répond enfin à la question.
Dans beaucoup de services, la pénurie de médecins pousse à confier davantage d’actes aux infirmiers et infirmières, en particulier aux infirmiers en pratique avancée (IPA, une fonction élargie de suivi et de prescription). La Cochrane Library, un réseau international de revues systématiques qui fait référence en matière de preuves cliniques, vient de publier la synthèse la plus large jamais réalisée sur cette substitution à l’hôpital. Elle rassemble 82 études et 28 041 patients suivis par des infirmières spécialisées, des infirmiers en pratique avancée ou des infirmiers diplômés, à la place de médecins juniors ou seniors.
Le constat rassure. Sur la plupart des critères, les soins infirmiers sont aussi sûrs et aussi efficaces que les soins médicaux. Sur certains points, les patients suivis par des infirmières ont même de meilleurs résultats. Concrètement, dans un service qui manque de médecins, confier un suivi de routine, un renouvellement de prescription ou une consultation de contrôle à une infirmière formée n’abaisse pas la qualité des soins.
La prudence reste nécessaire. Les auteurs jugent le niveau de preuve encore incertain sur plusieurs critères, et rappellent qu’un transfert de tâches mal préparé pèse sur une charge de travail infirmière déjà tendue. Cette substitution ne se décrète pas sans formation, sans cadre clair, ni sans réflexion sur l’attractivité du métier d’infirmier.
Et vous, dans votre service, comment se répartissent aujourd’hui les actes entre médecins et infirmiers, et qu’est-ce qui rendrait ce partage plus serein ?
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