Une réaction urgente de l’Europe est demandée face à l’exploitation américaine des données de santé

Article à lire dans Le Monde: “« Les géants de la tech constituent les plus vastes agrégations privées de données de santé jamais envisagées”, une tribune signée Théodore Christakis, professeur de droit du numérique à l’université Grenoble-Alpes.

A l’heure des chatbots (généralistes ou davantage “spécialisés” santé), de l’intelligence artificielle débridée, et de la soif que suscitent les données de santé (de source professionnelle ou personnelle), quel avenir pour une utilisation raisonnée et raisonnable du trésor influenço-informationnel que constituent nos données de santé ?

Il y énumère quelques-uns des utilisations potentielles et sources immenses d’exploitations et de revenus pour les plateformes géantes américaines (OpenAI, Anthropic, Microsoft, Amazon, Perplexity), pas toujours très regardantes en termes de préservation de la vie privée : “identifier en temps réel des effets secondaires de médicaments à travers des millions d’utilisateurs, détecter des tendances épidémiologiques avant les systèmes de surveillance publics, croiser des données comportementales avec des résultats cliniques à une échelle qu’aucune cohorte de recherche n’a jamais atteinte, ou encore cibler le recrutement en vue d’essais cliniques avec une précision sans précédent”.

Pendant ce temps, face à cette razzia, l’Europe, déplore-t-il, demeure aux abonnés absents : “En Europe, un chercheur peut avoir besoin de mois de procédures pour accéder à des données de santé. Une plateforme américaine peut, elle, en agréger très vite auprès de millions d’utilisateurs : cette asymétrie mérite une attention urgente.”

Certes des barrières et des précautions demeurent nécessaires mais n’existe-t-il pas des moyens de préserver sécurité, bonne gouvernance, privacy et légalité tout en permettant à l’innovation européenne de se mesurer et de contrebalancer les menées d’outre-océan (américaines ou autres) ?

Solution proposée : “Les bacs à sable réglementaires prévus par le règlement sur l’IA offrent un outil concret : permettre à ces produits d’opérer en Europe sous supervision, avec des garanties vérifiables.”

A lire dans Le Monde

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