Première esquisse de la stratégie officielle française pour lutter contre la désinformation en santé

Comment lutter contre la désinformation dans le secteur de la santé – une désinformation rampante et massive (ce dernier qualificatif a été utilisé par la ministre française de la santé ainsi que par les auteurs d’un rapport en la matière) ?

Lors d’une conférence de presse tenue en ce début 2026, la ministre, Stépphanie Rist, a en effet estimé que “le phénomène, loin d’être marginal, s’enracine dans notre quotidien numérique et appelle une réponse systémique, transversale et déterminée”. La désinformation est l’oeuvre d’une grande diversité d’acteurs aux motivations diverses : “influenceurs, groupes militants, scientifiques dévoyés… obéissant à des motivations économiques, idéologiques ou identitaires”. 

Raison pour laquelle les autorités françaises ont dévoilé les grandes lignes d’une stratégie visant à combattre ces dérives.

Cela passera tout d’abord par une phase de “concertation citoyenne” (enquêtes, études d’opinion) et par la création d’un comité citoyen, avec organisation de premières assises, dès février de cette année. Objectif : documenter, informer, sensibiliser, former.

Côté autorités, experts et professionnels, un “Observatoire de la désinformation” verra le jour, à charge pour lui d’identifier et décrypter les rouages de la désinformation en santé, via un travail de veille, de réflexion et de publication de “baromètres”. Avec aussi “mise en place d’un système de détection, d’analyse, puis de diffusion de réponses fiables et accessibles, avec l’aide des experts des domaines ciblés.”

L’observatoire de la (dés)information en santé, présenté comme un “point d’entrée public”, devrait combiner au minimum deux outils : un portail (santé.fr) nouvelle mouture et un annuaire d’experts. La proposition, formulée par les auteurs du rapport, d’y ajouter un agent conversationnel, basé sur une IA générative mais “fondée sur un corpus contrôlé de réponses sourcées” (selon des formulations adaptées au demandeur – professionnel ou simple citoyen) ne semble pas avoir été retenue par les autorités gouvernementales françaises.

Un volet sanctions pourrait par ailleurs être activé mais des informations supplémentaires sur les modes de mise en oeuvre des différentes décisions doivent encore être fournies.

Le rapport du comité d’experts, intitulé “Information en santé : bilan des forces et des faiblesses, recommandations pour une stratégie nationale d’information et de lutte contre la désinformation en santé”, peut être consulté via ce lien.

Rapport “Rapport sur la désinformation en santé 2026” publié également via le site de la SFPT (Société française de pharmacologie et de thérapeutique).

Sources : Vidal.fr, Caducée.net.

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