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IA et prévention en santé dès le plus jeune âge – Barbara Mathian – Symposium Metz 2026

Barbara Mathian clôture l’Atelier 2 par un voyage dans le temps et l’espace pour démontrer que la prévention en santé peut, et doit, commencer dès le plus jeune âge. Du prénatal à l’adolescence, l’intelligence artificielle ouvre des possibilités concrètes, déjà documentées par des études récentes. Avant la naissance, une IA d’analyse d’imagerie embryonnaire détecte les anomalies chromosomiques avec 70 % de précision — une technique déjà utilisée en Espagne et en Belgique, autorisée en France dans le cadre des parcours de PMA. Aux tout premiers jours de vie, une étude néerlandaise sur dix ans démontre que la lecture par IA des électroencéphalogrammes de grands prématurés permet de prédire le QI verbal à 81 %, ouvrant la voie à des prises en charge précoces des troubles neuro-développementaux.

La petite enfance n’est pas en reste. L’application Eloa, développée notamment avec le Pr Fabrice Denis, avance le diagnostic des troubles neuro-développementaux à 18-24 mois là où il intervenait habituellement à 5 ou 6 ans. Un auto-injecteur d’hormones de croissance connecté à une application permet à l’enfant d’accéder à ses courbes, de recevoir ses notifications et de devenir acteur de sa santé sans subir des directives d’adultes. À l’adolescence, des outils combinant questionnaires de personnalité et imageries cérébrales recueillis vers 14 ans prédisent l’apparition d’anxiété clinique à 18-23 ans, permettant un suivi avant la chronicisation. Sur le cyberharcèlement, une étude de février 2026 démontre le rôle central de la littératie numérique pour redonner aux jeunes le contrôle de l’outil plutôt que d’en être les victimes.

Au-delà des outils techniques, l’intervention met en lumière le rôle déterminant des politiques publiques. Les pays nordiques affichent la meilleure espérance de vie en bonne santé d’Europe, parce que l’éducation à la santé y est enseignée comme matière obligatoire dès l’école primaire. La Finlande déploie le programme « School and Move », qui intègre le mouvement dans le quotidien scolaire — résultat, une ville de 60 000 habitants a vu l’obésité infantile divisée par deux en cinq ans. La Norvège a interdit en mars 2026 les publicités d’aliments nocifs dans tous les programmes pour enfants. Comme l’illustre l’exemple d’une expérimentation sud-africaine où des adolescents ont utilisé une IA générative pour des projets de santé mentale avec 91 % d’effets positifs sur l’humeur, l’IA peut être un puissant levier d’esprit critique — à condition d’identifier ses biais, comme le biais WEIRD qui sous-représente les populations non occidentales. La conclusion fait écho au fil rouge du Symposium : « L’algorithme copilote, jamais pilote. L’IA propose, le professionnel dispose. »

Si vous souhaitez voir la présentation liée à ce document, voici le lien : https://welink.care/wlc-videos/ia-et-prevention-en-sante-des-le-plus-jeune-age-barbara-mathian-metz-2026/