OpenAI lance ChatGPT Santé, agent conversationnel “optimisé” santé

Pour mieux pouvoir surfer sur la vague des avis, conseils, voire préconisations concoctés à l’aide de l’intelligence artificielle dans le domaine de la santé – et pour répondre sans doute aussi à l’émergence d’assistants robotisés spécialisés (en ce compris européens) -, OpenAI a annoncé la sortie d’un ChatGP¨T Health (ChatGPT Santé), un “espace dédié” aménagé au sein de l’environnement ChatGPT (espaces mémoire et fichiers ne communiquant pas avec le compendium générique de ChatGPT), qui vise à permettre aux utilisateurs de lier des informations de santé personnelles (dossiers médicaux, portails santé, certaines applis – dont Apple Santé, MyFitnessPal, Weight Watchers…) avec des données plus “intimes” ou non empreintes de contexte purement médical (applis de bien-être).
Objectif recherché, selon OpenAI : “ancrer les conversations” [avec ChatGPT] dans le contexte personnel de l’utilisateur (celui de ses propres données de santé et/ou de bien-être).
La société affirme avoir renforcer le côté sécurité et confidentialité de cet “espace de conversation” en dotant cette variante de son chatbot de fonctions supplémentaires, telles qu’“un chiffrement dédié et une isolation renforcée afin de préserver la confidentialité et le cloisonnement des conversations de santé”. Et d’affirmer notamment que “les conversations dans ChatGPT Santé ne sont pas utilisées pour entraîner nos modèles fondamentaux”.
L’entraînement préalable de l’outil a été fait à l’aide de réponses générées par ChatGPT confronté à quelque 600.000 questions et réponses, évaluées avec des professionnels de la santé affirme OpenAI, dans une dizaine de domaines médicaux.
Contextes d’utilisation suggérés par OpenAI : “préparer des rendez-vous médicaux, aborder votre alimentation et votre routine sportive, ou comparer différentes options d’assurance santé selon vos habitudes de soins”. Ou encore aider à comprendre des résultats d’analyses biologiques, identifier des tendances de sommeil…
Comme pour se dédouaner préventivement, la société affirme que son nouveau service d’échanges avec chatbot n’a pas vocation à être un levier de diagnostic ou de préconisation de traitement, préférant formuler la chose comme suit : un outil pour que les utilisateurs puissent “aborder les échanges importants avec les professionnels de santé de manière plus éclairée et préparée”. Reste, aux yeux des observateurs, que la frontière entre préparation de rends-vous sur base d’une synthèse automatisée, suggestion d’adaptation de régime ou d’habitudes santé et “diagnostic” ou conseil de traitement est extrêmement ténue et sujette à interprétation.
Le lancement de ChatGPT Health n’est d’ailleurs encore que préliminaire, limité à un nombre restreint d’utilisateurs (avant des versions plus solides et plus généralisées géographiquement ?) et la connexion avec les dossiers médicaux n’est pour l’instant possible qu’aux Etats-Unis (via les services du réseau b.well).
Pour l’instant, ChatGPT Health ne semble pas encore répondre aux exigences RGPD européennes. Comme le souligne le média spécialisé français Silicon.fr, “l’entreprise devrait notamment fournir un consentement granulaire valide, signer des accords de sous-traitance (DPA) avec ses partenaires comme b.well, réaliser une évaluation d’impact sur la vie privée pour chaque type de données sensibles, et surtout héberger les informations sur le sol européen pour éviter les transferts extra-communautaires.”
A lire, l’article publié, références à l’appui, au sujet de ChatGPT Health sur caducee.net.
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