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Quel rôle le numérique peut-il jouer dans la prévention en santé mentale ? – Dr Raphaël Alluin – Metz 2026

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Quel rôle le numérique peut-il jouer dans la prévention en santé mentale ? – Dr Raphaël Alluin – Symposium Metz 2026

Coordonnateur du Programme Régional Santé Mentale et référent régional pour la filière soins palliatifs à l’ARS Grand Est, le Dr Raphaël Alluin pose d’abord un cadre clair : une personne sur quatre souffrira de troubles de santé mentale au cours de sa vie, 23 % des Français estiment ne pas pouvoir prendre soin de leur santé mentale, et 70 % cautionnent encore des stéréotypes alors qu’eux-mêmes peuvent être concernés. La santé mentale, telle que définie par l’OMS, déborde largement le champ du soin spécialisé : elle se joue en famille, à l’école, au travail, dans les politiques sociales et – désormais – dans le numérique. La distinction entre santé mentale positive, détresse psychologique réactionnelle et troubles psychiatriques caractérisés conditionne les niveaux de prévention pertinents.

Le message central est mesuré : le numérique n’est pas une fin en soi, il prend sa valeur quand il s’intègre dans une stratégie territoriale cohérente, sans aggraver inégalités, surcharge informationnelle ou ruptures de parcours. Quatre axes structurent les apports possibles. Mieux informer et aller-vers d’abord, en s’appuyant sur des campagnes adaptées aux codes du public visé – l’exemple de la campagne « Parlons de santé mentale » avec Disney Vice-Versa illustre la force d’un partenariat culturel pour les jeunes – et en luttant frontalement contre la désinformation, avec la création annoncée d’un observatoire national. Repérer plus tôt ensuite, en distinguant rigoureusement les usages non encadrés (autodiagnostics sauvages sur internet) des outils conçus dans un cadre scientifique validé, type light-tracking pour le TDAH ou chatbots évalués pour le soutien émotionnel – avec une vigilance particulière après les dérives documentées de certaines IA conversationnelles.

Coordonner les parcours et maintenir le lien entre les consultations constitue le troisième axe, illustré par la dynamique du DMP en Grand Est (86 % alimentés, 50,5 millions de pièces versées en 2025) et l’intégration du dispositif VigilanS – stratégie multimodale de prévention du suicide – dans la plateforme Parcoeo. Quatrième axe : prévenir les risques induits par le numérique lui-même (addictions aux écrans, cyberharcèlement, exposition à des contenus inadaptés, effets sur l’estime de soi), avec des programmes éducatifs sur les compétences psychosociales comme Unplugged, qui renforcent les ressources des jeunes plutôt que de pointer les dangers. Sa conclusion ouvre le débat politique : modèle économique, responsabilité juridique, cybersécurité, intégration de l’IA dans la relation d’accompagnement. L’enjeu pour les pouvoirs publics est de construire un numérique utile, fiable, éthique, territorialisé, intégré à une politique globale de santé – et co-construit avec les acteurs de terrain plutôt qu’imposé de manière descendante.

Si vous souhaitez voir le document lié à cette présentation, voici le lien : https://welink.care/wlc-documents/quel-role-le-numerique-peut-il-jouer-dans-la-prevention-en-sante-mentale-dr-raphael-alluin-metz-2026/