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Table ronde – Comment construire la prévention de demain ? – Metz 2026

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Table ronde – Comment construire la prévention de demain ? – Symposium Metz 2026

Participants : Danny Havenith (Directeur général de MercurHosp asbl, Belgique), Florian Voinot (Coordinateur du programme ICOPE, CPTS de Strasbourg), Dr Alain Prochasson (Médecin généraliste à Metz, président de CPTS), Virginie Femery (Directrice générale de Vivoptim Solutions). Modération : Dr Kévin Boulanger.

Cette table ronde déplace la question du « pourquoi » vers le « comment » bâtir une prévention durable à l’échelle d’un territoire. Virginie Femery propose un premier pivot sémantique : abandonner le terme de prévention, anxiogène et orienté maladie, pour parler d’accompagnement santé et de changement de comportement. La prévention durable ne se joue pas dans le savoir, mais dans le savoir-faire : partir du réel de l’individu plutôt que d’un idéal, fixer des micro-changements progressifs, travailler les motivations intrinsèques pour éviter la dépendance à l’outil. Le numérique trouve ici son rôle utile, à condition de collecter des données comportementales, d’usage, environnementales et contextuelles – seule manière de personnaliser réellement la prise en charge et de sortir de la « prévention événementielle ».

Florian Voinot illustre cette ambition à travers le programme ICOPE déployé par la CPTS de Strasbourg avec six autres CPTS financées par l’ARS. Loin du dépistage one-shot, ICOPE est un programme structuré pour les personnes de 60 ans et plus encore autonomes, articulant dépistage des fragilités, évaluation approfondie, co-construction du parcours et réitération tous les six mois. L’enseignement de terrain est sans ambiguïté : les outils numériques d’autoévaluation ont leurs limites sur cette population, qui demande du lien humain, du soutien et de l’écoute. L’aller-vers, mot devenu commode, ne devient réellement opérant que lorsqu’on frappe aux portes – en partenariat avec les Petits Frères des Pauvres ou les petits veilleurs – pour atteindre celles et ceux qui sont véritablement éloignés du soin.

Le Dr Alain Prochasson rappelle le rôle pivot des CPTS : la sienne couvre 270 000 habitants, 68 communes et 8 % de son budget est consacré à la prévention sur le terrain – écoles, entreprises, dépistages, addictions, sommeil, ostéoporose, violences faites aux femmes. Sa conviction : la prévention ne décollera qu’avec une vraie politique incitative pour les professionnels comme pour les patients, articulée à des outils du quotidien (Mon Espace Santé, bilan de prévention) encore trop peu appropriés par le public. Danny Havenith apporte enfin la perspective européenne d’un acteur économique mutualisé : MercurHosp asbl construit des marchés publics sur mesure avec hôpitaux, première ligne et industriels, et plaide pour un renforcement de la dimension européenne de la prévention, où chacun peut s’inspirer des bonnes pratiques scandinaves, belges ou françaises plutôt que de réinventer localement les mêmes solutions. Le débat se conclut sur quelques boussoles partagées : penser macro pour agir micro, partir des déterminants de santé, communiquer positivement (vieillir en santé plutôt qu’éviter la maladie), associer les concernés à la conception (« pas les vieux sans les vieux ») et explorer les mécanismes de bonus pour les patients qui s’engagent dans une démarche de santé durable.