Quelle IA dans les amphithéâtres de médecine ?

Recourir à l’intelligence artificielle et à ses outils dans le cadre d’études de médecine. Comme c’est de plus en plus le cas dans bien d’autres matières pédagogiques. Les professeurs et les étudiants ont-ils raison, et ont-ils des raisons, de la faire ou au contraire de s’en méfier ?

C’est sur cette question que le Dr Az-Eddine Bennani, docteur en économie de la Sorbonne, professeur en gouvernance et stratégie digitale, s’est penché, comme inspiration d’une tribune publiée dans L’Opinion Maroc.

Extraits…

“Dans mes recherches sur l’acceptation des technologies de e-santé, j’ai identifié des facteurs clés d’acceptabilité : perception d’une utilité clinique réelle, facilité d’usage, fiabilité et transparence des algorithmes, et alignement avec les valeurs du soin. Ces conditions, rarement réunies, expliquent pourquoi, même face à des outils performants, une partie des professeurs et cliniciens restent sceptiques.”

Les réticences relevées dans les amphithéâtres de médecine s’expliquent, selon lui, non pas “par peur irrationnelle de la technologie mais par souci de préserver le rôle décisionnel du médecin, éviter la surcharge cognitive d’outils mal intégrés, et refuser l’opacité des critères de décision. Cette prudence, loin d’être un frein, est une forme de vigilance professionnelle.”

“Une partie des professeurs perçoivent l’IA comme un raccourci cognitif dévalorisant l’effort intellectuel, ou comme une intrusion dans le lien maître-élève. Résultat : des programmes de médecine où l’IA reste absente ou cantonnée à un module optionnel, alors même que les étudiants l’utilisent déjà hors cadre officiel.

Conclusion ? “L’IA ne doit pas remplacer le jugement clinique, mais créer un environnement où les étudiants apprennent à remettre en question, critiquer et contextualiser ses suggestions. La résistance actuelle des médecins et professeurs, si elle est comprise et accompagnée, peut devenir un levier de régulation et de qualité.”

En respectant bien entendu certaines règles de base indispensables : repenser les programmes de cours, élaborer et s’inscrire dans un cadre éthique, assurer une formation continue des enseignants.

Le Dr Az-Eddine Bennani est l’auteur du livre “L’intelligence artificielle au Maroc – Souveraineté, inclusion et transformation systémique”.

Profil du Dr Az-Eddine Bennani sur Linkedin.

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